# Cloison en brique

La cloison en brique représente une solution de construction traditionnelle qui conserve toute sa pertinence dans les projets contemporains. Matériau ancestral par excellence, la brique de terre cuite offre des performances techniques remarquables qui séduisent encore aujourd’hui les professionnels du bâtiment et les particuliers exigeants. Face à la multiplication des solutions préfabriquées et des matériaux synthétiques, la cloison maçonnée en brique affirme sa légitimité grâce à ses qualités intrinsèques : inertie thermique exceptionnelle, régulation naturelle de l’humidité, résistance mécanique élevée et durabilité incomparable. Loin d’être une technique dépassée, la construction de cloisons en brique bénéficie aujourd’hui d’innovations significatives dans les formats, les modes de pose et les finitions, permettant de combiner savoir-faire artisanal et efficacité moderne. Cette alliance entre tradition et performance technique mérite qu’on s’y attarde, car elle répond parfaitement aux enjeux actuels de construction durable et de confort intérieur optimal.

Caractéristiques techniques et dimensionnement des briques de cloison

Le choix d’une brique de cloison repose sur une compréhension précise de ses caractéristiques techniques. Les fabricants proposent aujourd’hui une gamme étendue de produits qui répondent à des exigences normatives strictes tout en s’adaptant aux contraintes spécifiques de chaque chantier. La sélection du matériau approprié détermine non seulement la facilité de mise en œuvre, mais également les performances acoustiques, thermiques et mécaniques de la cloison finale.

Briques plâtrières alvéolées : dimensions normalisées et capacités portantes

Les briques plâtrières alvéolées constituent le format traditionnel le plus répandu dans la construction de cloisons intérieures. Ces éléments en terre cuite présentent une structure interne composée d’alvéoles verticales qui allègent considérablement leur poids tout en préservant leur résistance mécanique. Les dimensions standardisées facilitent la planification des travaux : les formats courants affichent une longueur de 385 mm, une hauteur de 200 mm, tandis que l’épaisseur varie selon la hauteur de la cloison projetée. La capacité portante de ces briques est remarquable, avec une résistance à l’arrachement d’environ 25 kg et aux charges suspendues pouvant atteindre 40 kg par point de fixation. Cette performance mécanique autorise l’accrochage direct de meubles de cuisine, de radiateurs ou d’étagères chargées sans nécessiter de renforcements particuliers. La structure alvéolée facilite également le passage des réseaux en permettant l’encastrement de gaines électriques dans le respect des règles de l’art.

Briques de terre cuite creuses : épaisseurs 5, 7 et 10 cm selon NF EN 771-1

La norme européenne NF EN 771-1 encadre strictement les caractéristiques des briques de terre cuite destinées à la maçonnerie. Les épaisseurs disponibles correspondent à des hauteurs maximales de cloison bien définies : une brique de 35 mm (3,5 cm) convient pour les cloisons jusqu’à 2,60 m de hauteur, l’épaisseur de 50 mm (5 cm) permet d’atteindre 3 m, celle de 70 mm (7 cm) s’étend jusqu’à 3,50 m, tandis que les briques de 100 mm (10 cm) autorisent des hauteurs jusqu’à 4 m.

Dans la pratique, les briques de cloison en terre cuite sont proposées en une ou deux rangées d’alvéoles, ce qui influe directement sur leur comportement mécanique, leur masse et leur performance thermique. Une brique à simple alvéole de 5 cm d’épaisseur sera privilégiée pour des cloisons de distribution légères, alors qu’une brique de 7 ou 10 cm à double rangée d’alvéoles conviendra mieux pour des cloisons séparatives nécessitant plus d’inertie et une meilleure isolation. Les fabricants comme Bio’Bric, Terreal ou Wienerberger déclinent ces produits en nombreux formats pour s’adapter aux hauteurs d’étage, aux trames de construction et aux besoins de passage de réseaux. Cette diversité permet de dimensionner la cloison en brique au plus juste, en conciliant stabilité, poids propre et confort d’utilisation.

Carreaux de plâtre hydrofugés vs briques silico-calcaires pour cloisons séparatives

Lorsque l’on compare une cloison en brique avec des systèmes alternatifs, les carreaux de plâtre hydrofugés et les briques silico-calcaires occupent une place particulière. Les carreaux de plâtre hydrofugés sont souvent utilisés en pièces humides (salle de bains, cuisine), car leur cœur de plâtre est traité pour mieux résister aux projections d’eau et aux atmosphères chargées en vapeur. Leur mise en œuvre par collage à joints minces est rapide, mais leur résistance mécanique et leur inertie restent généralement inférieures à celles d’une cloison en brique de terre cuite. Pour des cloisons séparatives nécessitant à la fois isolation acoustique et robustesse, cela peut constituer une limite.

Les briques silico-calcaires, quant à elles, sont composées de sable, de chaux et d’eau, comprimées puis autoclavées. Leur masse volumique élevée et leur grande dureté en font des matériaux intéressants pour des cloisons séparatives entre logements ou pour des locaux techniques. Elles offrent un bon affaiblissement acoustique et une excellente résistance au feu, mais restent plus lourdes que la brique de terre cuite traditionnelle, ce qui impose parfois des contraintes supplémentaires sur les planchers. Vous hésitez entre ces solutions pour une cloison séparative ? Dans la plupart des projets résidentiels, la brique de terre cuite creuse, éventuellement complétée par un doublage, reste un excellent compromis entre performance, facilité de mise en œuvre et compatibilité avec les autres éléments de maçonnerie.

Masse volumique et coefficient d’isolation thermique des différents matériaux

Pour bien choisir une cloison en brique, il est pertinent de comparer la masse volumique et le coefficient d’isolation thermique (λ) des principaux matériaux de cloisonnement. La brique de terre cuite creuse affiche généralement une masse volumique comprise entre 600 et 900 kg/m³, avec une conductivité thermique λ courante autour de 0,25 à 0,30 W/m.K selon la densité et la géométrie des alvéoles. Les carreaux de plâtre, plus denses (900 à 1 150 kg/m³) mais sans alvéoles, présentent un λ voisin de 0,30 à 0,35 W/m.K. Quant aux briques silico-calcaires, leur densité peut dépasser 1 600 kg/m³, avec un λ de 0,80 W/m.K ou plus, ce qui les rend nettement moins performantes sur le plan de l’isolation thermique.

On pourrait comparer ces matériaux à des « éponges de chaleur » plus ou moins lourdes : la brique de terre cuite, grâce à ses alvéoles, emmagasine et restitue la chaleur de manière progressive, améliorant le confort d’été comme celui d’hiver. La masse volumique intervient aussi directement dans l’inertie thermique et l’affaiblissement acoustique : plus la cloison est lourde, plus elle est efficace pour atténuer les bruits aériens, au prix d’un poids supplémentaire pour la structure porteuse. En pratique, on recherche un équilibre : la cloison en brique creuse de 7 ou 10 cm offre un bon compromis entre masse suffisante pour le confort phonique et inertie thermique, tout en restant compatible avec la plupart des planchers courants en maison individuelle ou en logement collectif.

Mise en œuvre et techniques de montage selon les DTU 20.1 et 25.31

La performance d’une cloison en brique ne dépend pas uniquement du matériau choisi : la qualité de la mise en œuvre, encadrée par les DTU 20.1 (ouvrages en maçonnerie de petits éléments) et 25.31 (cloisons en carreaux de plâtre), est déterminante. Un tracé précis, un support bien préparé, des joints réguliers et des liaisons correctement réalisées garantissent la stabilité, la planéité et la durabilité de la cloison. Vous envisagez de poser vous-même une cloison en brique ? Il est essentiel de respecter les étapes de montage et les recommandations des fabricants pour éviter fissurations, reprises d’humidité ou désordres acoustiques.

Préparation du support et traçage au cordeau : implantation au sol et arase étanche

Avant toute pose de brique, le support doit être propre, stable et dépoussiéré. Sur une dalle en béton ou une chape, on vérifie l’absence de fissures importantes, de laitance ou de taches grasses qui pourraient nuire à l’adhérence du mortier. L’implantation de la cloison se fait ensuite au sol au cordeau, en reportant soigneusement l’emplacement des parois à partir des plans. Ce traçage est prolongé sur les murs voisins et au plafond à l’aide d’un niveau laser, afin de vérifier d’emblée la perpendicularité et l’alignement de la future cloison en brique avec le reste du bâtiment.

Une arase étanche est ensuite mise en œuvre au pied de la cloison, généralement sous forme de bande résiliente (mousse, liège ou bitume) ou de film polyéthylène, pour limiter les remontées capillaires et les transmissions acoustiques par voie solidienne. Cette interface joue un double rôle : elle protège la base des briques de l’humidité résiduelle de la dalle et améliore l’isolement phonique en désolidarisant légèrement la cloison du support. Ce principe de « rupture » est comparable à une semelle amortissante sous une machine : il réduit les vibrations et contribue au confort acoustique global du logement.

Mortier bâtard versus mortier-colle : dosages et temps de prise pour joints horizontaux

Les cloisons en brique peuvent être montées soit au mortier traditionnel (mortier bâtard), soit au mortier-colle à joints minces. Le mortier bâtard est un mélange de ciment, de chaux et de sable, dosé typiquement à 250 à 300 kg de liant par m³ de sable, avec une consistance plastique permettant un lit de mortier d’environ 10 à 15 mm. Il offre une bonne tolérance aux irrégularités dimensionnelles des briques, mais nécessite des temps de prise plus longs et un séchage complet avant la réalisation des enduits, ce qui peut allonger la durée du chantier.

Le mortier-colle à joints minces, inspiré des techniques de pose du béton cellulaire, s’utilise en épaisseurs de 2 à 3 mm seulement. Son dosage est fourni par le fabricant, et sa prise est en général plus rapide, ce qui autorise une progression plus soutenue de la maçonnerie tout en réduisant la consommation de matériau. Toutefois, il impose des briques parfaitement calibrées et une grande rigueur de pose pour garantir la planéité de la cloison. Vous souhaitez limiter la durée de séchage avant peinture ou carrelage ? L’option joints minces peut être très intéressante, à condition de maîtriser la technique et d’utiliser un mortier-colle compatible avec les supports en terre cuite, notamment en milieu humide.

Technique du montage à joints décalés et vérification de l’aplomb au niveau laser

Le montage des briques en cloison se fait classiquement à joints décalés, aussi appelé pose en quinconce. Chaque rangée de briques est décalée par rapport à la précédente d’au moins un tiers de longueur, ce qui permet de répartir les charges et de limiter la propagation des fissures potentielles. Cette disposition renforce la stabilité globale de la cloison en brique, de la même manière qu’un mur de pierres appareillées est plus solide qu’un empilement de blocs alignés. Les joints horizontaux et verticaux sont garnis soigneusement, sans obstruer les alvéoles lorsque celles-ci participent au passage des réseaux ou à la régulation thermique.

Le contrôle permanent de l’aplomb et de la planéité est indispensable. Un niveau laser ou une règle de maçon associée à un niveau à bulle permettent de vérifier chaque rangée pendant le montage. En cas de dérive, de légers ajustements sont encore possibles tant que le mortier n’a pas pris. Négliger cette étape revient à « corriger » plus tard avec l’enduit, au prix de surépaisseurs, de temps supplémentaire et parfois de défauts visuels persistants. Pour une cloison en brique parfaitement rectiligne, mieux vaut passer quelques minutes de plus sur les premiers rangs : ils conditionnent la qualité de toute la paroi.

Chaînages verticaux et liaisons aux murs porteurs par pattes métalliques

Dans les cloisons de grande longueur ou de grande hauteur, des chaînages verticaux et des raidisseurs peuvent être nécessaires pour éviter les déformations et les risques de fissuration. Ces renforts prennent la forme de potelets en béton armé, de profils métalliques ou de bois intégrés dans l’épaisseur de la cloison à intervalles réguliers. Leur présence est souvent exigée au-delà d’une certaine longueur de cloison ou dans les zones soumises à des efforts particuliers (portes de grande largeur, retours d’angles complexes). Les DTU et les avis techniques des fabricants précisent les cas où ces renforts s’imposent.

Les liaisons entre la cloison en brique et les murs porteurs adjacents sont assurées par des pattes ou agrafes métalliques scellées dans les joints de maçonnerie. Ces éléments, disposés tous les 50 à 80 cm en hauteur, évitent le décollement de la cloison et assurent une bonne solidarité de l’ensemble, tout en laissant un minimum de liberté de dilatation. Là encore, on retrouve l’analogie avec les mailles d’une chaîne : chaque liaison ponctuelle contribue à la cohésion globale, sans bloquer complètement les mouvements différentiels entre les éléments de structure.

Performances acoustiques et isolation phonique des cloisons maçonnées

Outre la robustesse et l’inertie thermique, la cloison en brique doit répondre aux exigences modernes en matière d’isolation phonique. Bruits d’impact, conversations, télévision… dans un logement, le confort acoustique est devenu un critère de qualité incontournable. Les réglementations récentes, notamment la Nouvelle Réglementation Acoustique (NRA), ont relevé le niveau d’exigence, en particulier pour les cloisons séparatives entre logements. Comment la brique se comporte-t-elle face aux plaques de plâtre ou aux systèmes à ossature métallique ? Tout se joue autour de la masse surfacique, de la constitution de la paroi et de la notion de système « masse-ressort-masse ».

Indice d’affaiblissement acoustique rw : comparaison brique de 7 cm vs plaques de plâtre BA13

L’indice d’affaiblissement acoustique Rw, exprimé en décibels (dB), mesure la capacité d’une paroi à réduire la transmission des bruits aériens. Plus il est élevé, meilleure est l’isolation phonique. Une cloison en brique de terre cuite de 7 cm d’épaisseur, enduite sur les deux faces, affiche typiquement un Rw compris entre 38 et 42 dB selon la densité des briques et la qualité des enduits. À titre de comparaison, une cloison simple en plaques de plâtre BA13 sur ossature métallique, sans isolant dans l’âme, offre souvent un Rw voisin de 33 à 35 dB, insuffisant pour des séparations exigeantes.

L’ajout d’un isolant (laine minérale) et le doublement des parements en plaques de plâtre permettent bien sûr de faire progresser la performance des systèmes légers, mais la cloison en brique conserve l’avantage de la masse et de la continuité du matériau. Pour des cloisons de distribution intérieures au sein d’un même logement, une brique de 7 cm enduite peut donc suffire à garantir un confort acoustique satisfaisant. Vous recherchez un calme supérieur, par exemple entre suite parentale et séjour ? Il sera toujours possible de compléter la brique par un doublage isolant ou d’opter pour une épaisseur de 10 cm, qui améliore encore l’affaiblissement acoustique.

Principe masse-ressort-masse avec laine minérale pour atteindre 50 db

Pour des cloisons séparatives particulièrement performantes, notamment entre deux logements, on met en œuvre le principe « masse-ressort-masse ». Concrètement, il s’agit de combiner deux parois lourdes (masses) séparées par une couche de matériau souple et élastique (ressort), typiquement de la laine minérale. Une cloison en brique de 7 ou 10 cm, associée à un doublage indépendant sur ossature métallique avec laine de verre ou de roche en intermédiaire, permet ainsi d’atteindre ou de dépasser des affaiblissements acoustiques de l’ordre de 50 dB, conformes aux exigences les plus strictes.

On peut imaginer ce système comme une double porte avec un joint amortissant entre les deux : la première paroi stoppe une partie de l’onde sonore, le ressort déforme et dissipe l’énergie, tandis que la seconde masse intercepte le résiduel. Pour que ce dispositif soit efficace, il est impératif de limiter les ponts rigides (liaisons directes entre les deux masses) et de soigner tous les détails : joints périphériques, prises électriques, traversées de gaines, jonction au plafond et au sol. Une cloison en brique bien conçue et complétée par une isolation rapportée devient alors un véritable rempart contre les nuisances sonores.

Cloisons séparatives entre logements : exigences réglementaires NRA et loi élan

En France, la Nouvelle Réglementation Acoustique (NRA) fixe les objectifs d’isolement entre logements neufs. Pour les cloisons séparatives entre logements juxtaposés, l’isolement standardisé pondéré DnT,A doit atteindre au minimum 53 dB, ce qui implique souvent des parois dont l’affaiblissement Rw+Ctr dépasse 50 dB. La loi Élan et les évolutions des labels de performance (type NF Habitat) renforcent encore les exigences, notamment dans les opérations de logement collectif et les bâtiments à usage d’hébergement. Dans ce contexte, les cloisons en brique de terre cuite s’intègrent très bien dans des systèmes mixtes associant maçonnerie lourde, isolants minéraux et finitions soignées.

Les fabricants de briques proposent d’ailleurs des solutions sous avis technique, détaillant les configurations de cloisons séparatives validées pour répondre à ces objectifs : épaisseur minimale de brique, nature des enduits, types de doublages, dispositifs de désolidarisation, etc. Pour un maître d’ouvrage ou un particulier, s’appuyer sur ces systèmes éprouvés permet de garantir la conformité réglementaire tout en bénéficiant des avantages intrinsèques de la terre cuite. Là encore, la clé réside autant dans la qualité de mise en œuvre que dans le matériau lui-même : une jonction mal traitée peut ruiner les performances globales, même avec une cloison en brique très performante sur le papier.

Réseaux encastrés et saignées dans les cloisons en brique

Une cloison en brique n’est pas seulement un élément de séparation : elle sert aussi de support pour les réseaux électriques, de plomberie ou de chauffage. La question des saignées et des encastrements est donc centrale pour concilier fonctionnalité et stabilité mécanique. Contrairement à certaines idées reçues, il est tout à fait possible de percer et de rainurer une cloison en brique de terre cuite, à condition de respecter les prescriptions des DTU et les limites de profondeur. Vous craignez d’affaiblir votre cloison en créant trop de saignées ? Des règles simples permettent d’intervenir sans compromettre la sécurité de l’ouvrage.

Profondeur maximale des saignées selon DTU 25.41 pour préserver la stabilité

Le DTU 25.41, qui traite notamment des cloisons et contre-cloisons, fixe les règles de réalisation des saignées dans les parois en maçonnerie et en matériaux assimilés. Pour les cloisons en brique alvéolée, la profondeur des saignées ne doit généralement pas excéder un tiers de l’épaisseur totale de la paroi, avec des limitations plus strictes pour les parcours horizontaux. Sur une brique de 7 cm, la rainure ne dépassera donc pas 2 à 2,5 cm de profondeur, afin de préserver l’intégrité des alvéoles et la résistance mécanique de la cloison.

Les saignées verticales, destinées au passage de gaines ou de conduits, sont à privilégier, en respectant des zones d’implantation standardisées au-dessus des appareillages électriques. Les parcours horizontaux doivent rester limités en longueur (souvent moins de 50 cm) et ne pas se croiser avec d’autres saignées de l’autre côté de la cloison, pour éviter d’amincir excessivement la paroi. Dans tous les cas, les angles vifs sont proscrits : les saignées se terminent par des extrémités arrondies pour limiter les concentrations de contraintes et les risques de fissuration.

Passage des gaines électriques ICTA et conduits de plomberie PER

Le passage des réseaux dans une cloison en brique se fait le plus souvent par encastrement de gaines électriques ICTA et de conduits de plomberie en PER ou multicouche. Dans certaines gammes de briques, des rainures préformées existent déjà pour faciliter l’implantation des tubes sans nécessiter de rainurage destructif. Cela permet de combiner les avantages de la brique (inertie, robustesse) avec la facilité d’équipement d’une cloison technique. Les gaines sont disposées en respectant les hauteurs réglementaires (bandes horizontales au-dessus des plinthes et à hauteur d’interrupteur), ce qui simplifie le repérage ultérieur lors des travaux de modification.

Pour les conduits hydrauliques, une attention particulière doit être portée à la dilatation et à la condensation : les tuyaux PER sont généralement glissés dans des gaines de protection et entourés d’un minimum d’isolant ou de mousse pour éviter les bruits d’écoulement et les points de condensation à l’intérieur de la maçonnerie. Après pose des réseaux, les saignées sont rebouchées au mortier adapté (plâtre ou mortier-colle compatible), puis poncées ou réglées pour retrouver une surface plane avant enduit de finition. Cette étape conditionne la qualité visuelle des finitions et la pérennité de la cloison en brique.

Boîtiers d’encastrement étanches IP44 pour pièces humides

Dans les pièces humides comme la salle de bains, la buanderie ou la cuisine, l’implantation des appareillages électriques encastrés dans une cloison en brique doit respecter les zones de sécurité autour des points d’eau et les indices de protection requis. Les boîtiers d’encastrement étanches de type IP44 ou supérieur sont vivement recommandés pour limiter les infiltrations d’humidité dans la maçonnerie et protéger les connexions électriques. Ils se fixent dans une réservation pratiquée dans la brique, généralement à l’aide d’une scie-cloche sans percussion, puis sont scellés avec un plâtre ou un mortier spécifique.

Ces boîtiers étanches contribuent aussi au maintien de la performance acoustique de la cloison, en réduisant les fuites d’air et les « ponts phoniques » entre pièces. Dans des configurations très exigeantes, on pourra doubler les boîtiers (un de chaque côté de la cloison) ou prévoir des décalages pour éviter de creuser la brique au même endroit sur les deux faces. Là encore, l’objectif est de concilier fonctionnalité, sécurité électrique et préservation des qualités intrinsèques de la cloison en brique, qu’il s’agisse de résistance au feu, d’isolation phonique ou d’inertie thermique.

Finitions et revêtements muraux adaptés aux supports en terre cuite

Une fois la cloison en brique montée et les réseaux intégrés, vient l’étape des finitions. La terre cuite constitue un excellent support pour une large gamme de revêtements : enduits traditionnels, peintures, carrelages, papiers peints ou toiles de verre. La clé d’une finition durable et esthétique réside dans la préparation du support et le choix de produits compatibles avec la nature poreuse de la brique. Vous souhaitez obtenir un rendu parfaitement lisse ou au contraire un aspect légèrement structuré ? Les possibilités sont nombreuses, à condition de respecter quelques principes simples.

Enduit de corps au mortier bâtard et enduit de finition lissé ou taloché

Sur une cloison en brique, la mise en œuvre d’un enduit de corps au mortier bâtard est une solution classique et éprouvée. Cet enduit, appliqué en une ou deux passes, permet de rattraper les petites irrégularités, de reboucher les joints et de constituer une base plane pour la finition. L’épaisseur totale se situe en général entre 10 et 15 mm, avec un dosage adapté (mélange ciment-chaux-sable) pour assurer à la fois adhérence, souplesse et durabilité. Un temps de séchage suffisant, de l’ordre de 1 semaine par centimètre d’épaisseur en conditions normales, doit être respecté avant de passer aux couches de finition.

L’enduit de finition peut ensuite être lissé à la lisseuse inox pour un rendu très plan, prêt à recevoir une peinture soignée, ou taloché (éponge, bois, plastique) pour un aspect plus traditionnel et légèrement granité. Cette couche de finition, plus fine, améliore l’esthétique et protège le corps d’enduit. Dans certains cas, notamment pour un carrelage mural ou une toile de verre épaisse, un simple enduit pelliculaire ou un ratissage au couteau à enduire peut suffire, à condition que la maçonnerie en brique et les joints soient déjà très réguliers.

Application du MAP pour carrelage mural en zone humide selon CPT 3265

Pour la pose de carrelage mural en zone humide (douches, baignoires, crédences de cuisine), la cloison en brique doit être préparée selon les prescriptions des CPT (Cahiers des Prescriptions Techniques), notamment le CPT 3265 relatif aux locaux humides. Sur un support en terre cuite, on applique généralement un mortier adhésif spécifique, souvent appelé MAP (mortier adhésif pour plaques et carreaux), ou un mortier-colle classé C2 en fonction de la nature du carrelage. Ce produit assure l’adhérence du revêtement et compense les petites irrégularités du support.

En zone particulièrement exposée à l’eau (douche à l’italienne, parois de cabine), un système d’étanchéité sous carrelage (SPEC) est fortement recommandé, voire obligatoire selon les cas. Il se présente sous forme de résine ou de membrane liquide appliquée sur la cloison en brique, après un primaire d’adhérence adapté. L’objectif est de transformer la paroi en véritable « coque » étanche, le carrelage ne jouant qu’un rôle de parement décoratif. Une fois l’étanchéité réalisée et séchée, la pose du carrelage se fait au mortier-colle, en respectant les temps d’ouverture et les temps de séchage indiqués par le fabricant.

Accrochage de la peinture acrylique après application de primaire d’adhérence

Pour une finition peinte, la brique de terre cuite requiert une préparation soignée afin d’éviter les variations d’absorption et les tâches. Après séchage complet des enduits, un primaire d’adhérence ou fixateur de fond est appliqué sur toute la surface. Ce produit pénètre dans le support, homogénéise la porosité et améliore l’accrochage des couches de peinture. Il joue un peu le rôle d’une « sous-couche intelligente » qui prépare la cloison en brique à recevoir la finition, tout en limitant les risques de farinage ou de décollement.

Une peinture acrylique de qualité, en deux couches au minimum, permet ensuite d’obtenir un rendu durable et facile d’entretien. Dans les pièces humides, on privilégiera des peintures acryliques spécialement formulées pour résister aux condensations et aux projections, avec éventuellement un traitement fongicide. Avant d’engager de grandes surfaces, il peut être judicieux de réaliser un essai sur une zone réduite pour vérifier le comportement du support et l’aspect final. Une bonne préparation représente souvent 80 % de la qualité perçue : sur une cloison en brique bien traitée, la peinture révélera tout le soin apporté à la maçonnerie et aux enduits.

Coût comparatif et rentabilité : cloison brique versus solutions alternatives

Le choix d’une cloison en brique se joue aussi sur le terrain économique. Face aux systèmes à ossature métallique et plaques de plâtre, aux carreaux de plâtre ou aux blocs de béton cellulaire, comment se positionne la brique de terre cuite en termes de coût et de rentabilité globale ? Il convient de distinguer le coût direct au m² (matériaux + main d’œuvre) et le coût global sur le cycle de vie du bâtiment, en intégrant la durabilité, le confort thermique et acoustique, ainsi que la capacité de la cloison à supporter des fixations lourdes sans renforts additionnels.

En fourniture et pose, une cloison en brique plâtrière peut se situer, selon l’épaisseur et la complexité du chantier, dans une fourchette indicativement comprise entre 30 et 60 €/m², voire davantage pour des hauteurs importantes ou des finitions haut de gamme. Ce coût est souvent supérieur à celui d’une cloison légère en plaques de plâtre simple peau, mais il s’accompagne de performances mécaniques et acoustiques meilleures, ainsi que d’une inertie thermique nettement supérieure. Pour des pièces où l’on souhaite suspendre des meubles lourds (cuisine, dressing, bibliothèque) sans multiplier les renforts, la cloison en brique peut se révéler économiquement plus avantageuse sur le long terme.

Il faut également prendre en compte la valeur de revente et le confort perçu : un logement doté de cloisons maçonnées en brique inspire souvent une impression de solidité et de durabilité qui peut peser favorablement dans la décision d’achat. Dans la perspective d’une construction durable, la terre cuite, matériau naturel et recyclable, garde toute sa légitimité face aux matériaux plus légers mais parfois moins pérennes. En définitive, le surcoût initial d’une cloison en brique est à mettre en balance avec les bénéfices en termes de qualité de vie, de robustesse et de flexibilité d’usage du logement, ce qui en fait une solution toujours très compétitive pour qui vise un confort durable plutôt qu’un simple investissement à court terme.