# Polystyrène extrudé sous parquet flottant : avantages et pose

L’installation d’un parquet flottant représente un investissement significatif pour votre habitation, et le choix de la sous-couche isolante détermine en grande partie la qualité, la durabilité et le confort de votre revêtement de sol. Le polystyrène extrudé, également désigné par son acronyme XPS (eXtruded PolyStyrene), s’impose aujourd’hui comme une solution technique particulièrement performante pour l’isolation sous parquet. Cette matière synthétique à cellules fermées offre des propriétés isolantes remarquables, tant sur le plan thermique qu’acoustique. Sa structure alvéolaire unique lui confère une résistance exceptionnelle à l’humidité et une compressibilité maîtrisée, deux caractéristiques essentielles pour garantir la stabilité de votre parquet dans le temps. Contrairement aux idées reçues, le polystyrène extrudé ne se limite pas à une simple barrière thermique : il constitue un véritable système d’isolation multifonctionnel qui protège votre investissement tout en améliorant sensiblement votre confort quotidien.

Caractéristiques techniques du polystyrène extrudé XPS pour isolation phonique et thermique

Le polystyrène extrudé se distingue par ses propriétés physiques exceptionnelles, résultant d’un processus de fabrication spécifique. Contrairement au polystyrène expansé, le XPS est produit par extrusion, un procédé qui crée une structure à cellules fermées parfaitement homogène. Cette architecture moléculaire confère au matériau une densité élevée et une imperméabilité remarquable. La norme européenne NF EN 13164 encadre strictement les spécifications techniques de ce type d’isolant, garantissant ainsi une qualité constante pour les applications sous revêtements de sol. Avez-vous déjà constaté des différences de température désagréables en marchant pieds nus sur votre parquet ? Le XPS élimine cette sensation d’inconfort grâce à ses performances thermiques supérieures.

Coefficient de résistance thermique R et conductivité lambda du XPS

La performance isolante du polystyrène extrudé s’évalue principalement à travers deux indicateurs techniques fondamentaux : la résistance thermique R et la conductivité thermique lambda (λ). La conductivité thermique du XPS oscille généralement entre 0,027 et 0,036 W/(m.K), ce qui le positionne parmi les isolants les plus performants du marché. Plus cette valeur lambda est faible, meilleure est la capacité du matériau à freiner les transferts de chaleur. La résistance thermique R, exprimée en m².K/W, dépend directement de l’épaisseur de la sous-couche : pour une plaque de 5mm avec un lambda de 0,030 W/(m.K), vous obtenez un R d’environ 0,16 m².K/W. Ces valeurs peuvent sembler modestes comparées à l’isolation des murs, mais elles s’avèrent déterminantes pour le confort sous vos pieds et la limitation des déperditions énergétiques par le sol.

Densité et compressibilité sous charge selon la norme NF EN 13164

La densité du polystyrène extrudé varie typiquement entre 32 et 40 kg/m³, une caractéristique qui lui confère une excellente résistance à la compression. Cette propriété mécanique s’avère cruciale sous un parquet flottant, car le revêtement doit supporter quotidiennement le poids des meubles, les passages répétés et diverses charges ponctuelles sans se déformer. La norme NF EN 13164 impose des tests de compression rigoureux : un XPS de qual

ité de 300 kPa supporte sans problème une déformation limitée sous charge de service, ce qui évite l’effet de « plancher mou » sous vos pas. En pratique, cela signifie que le XPS conserve son épaisseur et donc ses performances isolantes même sous un meuble lourd ou un pied de piano. Là où certaines mousses souples se tassent au fil du temps, le polystyrène extrudé garantit une stabilité mécanique durable, indispensable pour que les assemblages de votre parquet flottant restent parfaitement solidaires et ne se désolidarisent pas.

On parle souvent de « compressibilité contrôlée » pour décrire ce comportement : le matériau accepte une très légère déformation élastique pour absorber les chocs, puis reprend sa forme initiale sans créer de jeu sous les lames. C’est un point clé pour limiter les grincements, les mouvements parasites du sol et la casse des systèmes de clipsage. Pour votre projet, vérifiez toujours sur la fiche technique la valeur de résistance à la compression à 10 % de déformation et choisissez un XPS adapté à un usage de type « plancher » ou « sol sous parquet » selon la norme NF EN 13164.

Épaisseurs recommandées : 3mm, 5mm ou 7mm sous parquet flottant

Sous un parquet flottant stratifié ou contrecollé, l’épaisseur de polystyrène extrudé la plus courante se situe entre 3 et 7 mm. Au-delà, le support devient trop souple et risque de compromettre la stabilité des lames. En rénovation, on sélectionne souvent une épaisseur de 3 mm pour limiter la surélévation du sol et éviter de devoir raboter les portes, tout en bénéficiant déjà d’un gain appréciable en isolation thermique.

Une sous-couche XPS de 5 mm représente un bon compromis entre confort acoustique, performance thermique et gestion des petites irrégularités de la chape (jusqu’à environ 2 mm). Les produits de 7 mm d’épaisseur sont davantage réservés aux situations où l’on cherche à renforcer l’isolation phonique et à rattraper des défauts de planéité un peu plus marqués, sans pour autant remplacer un véritable ragréage. Gardez en tête une règle simple : plus c’est épais, plus c’est isolant, mais plus la sous-couche doit être dense et rigide pour rester compatible avec un parquet flottant.

Sur le plan strictement thermique, le gain de résistance R entre 3 et 7 mm reste modeste mais non négligeable en confort de surface. En revanche, l’impact se ressent surtout sur la sensation de sol « plus chaud » au toucher et sur la réduction du bruit de pas. Pour choisir l’épaisseur idéale, tenez compte de la hauteur disponible sous les portes, du type de parquet (stratifié fin, contrecollé plus épais) et des contraintes d’alignement avec les autres revêtements de la maison (carrelage voisin, seuils, etc.).

Compatibilité avec plancher chauffant basse température

Vous disposez d’un plancher chauffant basse température et vous hésitez à ajouter une sous-couche en polystyrène extrudé sous votre parquet flottant ? C’est possible, mais à certaines conditions. Le XPS étant un isolant performant, il freine les transferts de chaleur vers le revêtement. Il faut donc privilégier des épaisseurs réduites (3 mm, éventuellement 5 mm maximum) et choisir des références explicitement compatibles avec plancher chauffant, avec une résistance thermique totale (XPS + parquet) restant dans les limites recommandées par le fabricant du système de chauffage.

En règle générale, la résistance thermique cumulée du revêtement de sol ne doit pas dépasser 0,15 à 0,18 m².K/W pour garantir une bonne réactivité du plancher chauffant. Un stratifié de 8 mm affiche souvent un R proche de 0,06 à 0,08 m².K/W ; en lui ajoutant un XPS de 3 mm (R ≈ 0,10 à 0,11 m².K/W), on se situe encore dans la fourchette haute mais acceptable pour certains systèmes. D’où l’importance de vérifier précisément ces valeurs. De même, préférez un XPS certifié pour plancher chauffant, avec une conductivité déclarée et une notice de mise en œuvre adaptée.

Autre point essentiel : la monté en température doit rester progressive pour éviter tout choc thermique sur le parquet et sur la sous-couche. Avant la pose, assurez-vous que la chape a suivi son cycle de mise en température (mise en chauffe et refroidissement) et qu’elle présente une humidité résiduelle conforme aux prescriptions (souvent < 2 % CM pour une chape ciment). Enfin, évitez les fortes puissances surfaciques : le plancher chauffant basse température fonctionne idéalement avec une température d’eau modérée, de l’ordre de 30 à 35 °C.

Comparaison entre polystyrène extrudé et autres sous-couches isolantes

Choisir le polystyrène extrudé comme sous-couche sous parquet flottant n’a de sens que si l’on comprend clairement ce qu’il apporte par rapport aux autres solutions. Sur le marché, vous trouvez principalement quatre grandes familles : XPS, polystyrène expansé (PSE), mousses de polyéthylène, sous-couches naturelles comme le liège ou la fibre de bois, et mousses polyuréthane. Chaque matériau a ses atouts et ses limites, aussi bien sur le plan technique qu’en termes d’impact environnemental.

On peut comparer une sous-couche à la semelle d’une chaussure : certaines sont très souples et confortables mais s’usent vite, d’autres sont rigides et durables mais un peu moins « moelleuses ». Le XPS, lui, se situe à mi-chemin : suffisamment rigide pour être stable, mais assez élastique pour améliorer le confort de marche. Voyons maintenant comment il se positionne concrètement face aux principales alternatives.

XPS versus polystyrène expansé PSE pour parquet contrecollé

Le polystyrène expansé (PSE) est souvent perçu comme le cousin « économique » du XPS. Il est en effet moins dense, avec une structure à cellules ouvertes partiellement, ce qui le rend plus sensible à l’humidité et à l’écrasement sous charge. Sous un parquet contrecollé ou stratifié, cette compressibilité plus importante peut entraîner, à terme, des jeux dans les assemblages, des craquements et une sensation de sol instable. Le polystyrène extrudé, au contraire, offre une meilleure résistance mécanique, particulièrement appréciée dans les pièces de vie très sollicitées ou les circulations.

Sur le plan de l’isolation thermique, PSE et XPS peuvent afficher des lambdas proches, mais le XPS conserve plus facilement ses performances dans le temps grâce à sa structure fermée et à sa moindre sensibilité à l’humidité. Pour un parquet flottant posé sur une chape en rez-de-chaussée ou au-dessus d’un local non chauffé (garage, cave), cette résistance à l’humidité fait une vraie différence. C’est l’une des raisons pour lesquelles le XPS est généralement recommandé plutôt que le PSE sous revêtement de sol.

En revanche, le PSE garde l’avantage du coût. Si votre budget est très serré et que les contraintes mécaniques sont faibles (par exemple dans une chambre peu sollicitée), il peut rester une option envisageable, à condition de choisir un PSE à haute densité spécifiquement conçu pour les planchers. Pour un projet global de rénovation visant à améliorer à la fois le confort thermique et la durabilité du parquet, l’investissement supplémentaire dans le XPS se justifie toutefois largement.

Performances du polyéthylène extrudé face au liège naturel expansé

La mousse de polyéthylène extrudée est très répandue comme sous-couche « premier prix » sous parquet stratifié. Elle offre une pose facile en rouleau, un léger confort de marche et une isolation acoustique correcte. Cependant, elle se tasse plus rapidement, supporte mal les charges concentrées et ses performances thermiques restent inférieures à celles du polystyrène extrudé. Si l’on compare un rouleau de mousse PE de 2 mm et une plaque XPS de 5 mm, la différence de stabilité et de résistance à la compression est nette dès les premières années d’utilisation.

Face au liège naturel expansé, le XPS se montre souvent plus performant thermiquement à épaisseur égale, mais il perd clairement le match sur le terrain écologique. Le liège est un matériau biosourcé, recyclable, à très faible impact environnemental, qui offre en plus d’excellentes performances acoustiques, notamment contre les bruits d’impact. Pour une chambre ou un salon à l’étage, où la réduction du bruit de pas vers le voisin du dessous est cruciale, le liège reste une référence.

La question à vous poser est la suivante : privilégiez-vous avant tout la performance mécanique et la résistance à l’humidité, ou la dimension écologique et acoustique ? Dans une pièce sèche, sans contrainte d’humidité particulière, le liège expansé peut constituer une excellente alternative au XPS, surtout si votre sensibilité environnementale est forte. À l’inverse, en rez-de-chaussée ou au-dessus d’un local peu ou pas chauffé, le polystyrène extrudé garde une longueur d’avance pour sécuriser votre parquet sur la durée.

Mousse polyuréthane et fibre de bois : alternatives écologiques

La mousse polyuréthane (PU) haute densité et la fibre de bois figurent également parmi les concurrents du polystyrène extrudé sous parquet flottant. Les sous-couches PU offrent de bonnes performances thermiques et acoustiques, avec une excellente capacité d’amortissement des bruits d’impact. Elles restent toutefois, comme le XPS, issues de la pétrochimie et présentent un écobilan discutable. De plus, certaines références peuvent dégager des COV lors des premières semaines, d’où l’importance de vérifier la classe d’émissions (A+ recommandée).

La fibre de bois, à l’inverse, s’impose comme une sous-couche naturelle performante. Sous forme de panneaux semi-rigides de 4 à 7 mm, elle propose une bonne isolation thermique et une correction intéressante des irrégularités du support (jusqu’à 3 mm selon les produits). Son comportement hygro-régulateur lui permet aussi de tamponner légèrement l’humidité ambiante, créant un climat intérieur plus sain. En revanche, sa résistance à l’humidité directe est plus limitée que celle du XPS : elle n’est donc pas adaptée en cas de risque d’infiltration ou de remontées capillaires.

Si l’on devait résumer : pour une démarche d’isolation « écologique » sous parquet flottant, la fibre de bois et le liège remportent la palme. Pour une approche plus technique, orientée vers la tenue mécanique, la résistance à l’eau et la finesse d’isolation thermique à faible épaisseur, le polystyrène extrudé garde de sérieux arguments. L’idéal reste de comparer plusieurs devis et fiches techniques, en prenant en compte non seulement le prix au m², mais aussi la durée de vie attendue et l’impact sur le confort global du logement.

Préparation du support béton ou chape pour pose du polystyrène extrudé

Une sous-couche, même très performante, ne compensera jamais un support mal préparé. Avant de dérouler votre parquet flottant et de poser les plaques de XPS, il est donc indispensable de vérifier la qualité de la dalle béton ou de la chape existante. Planéité, propreté, humidité résiduelle : ces trois paramètres conditionnent la réussite de votre projet. On peut comparer le support à la fondation d’une maison : si elle est défaillante, tout ce que vous posez par-dessus en subira les conséquences.

La préparation du support répond à des règles précises définies par les Documents Techniques Unifiés (DTU), en particulier pour la pose de parquets flottants. En respectant ces recommandations, vous sécurisez la durabilité de votre revêtement, limitez les bruits parasites et évitez les sinistres liés aux remontées d’humidité ou aux fissurations de la chape.

Planéité requise selon DTU 51.11 et tolérances maximales

Le DTU 51.11, qui encadre la pose de parquets flottants, impose des tolérances strictes en termes de planéité. En pratique, la différence de niveau ne doit pas excéder 5 mm sous une règle de 2 m, ni 1 mm sous une règle de 20 cm. Si votre dalle ou votre chape présente des creux plus importants, la sous-couche en polystyrène extrudé ne doit pas servir à les « rattraper » intégralement : un ragréage adapté s’impose.

Pour contrôler la planéité, munissez-vous d’une règle de maçon ou d’un niveau de grande longueur et parcourez la pièce en plusieurs sens. Marquez les zones où la lumière passe sous la règle ou où un balancement se fait sentir. Ces défauts, s’ils ne sont pas corrigés, peuvent provoquer des zones de fléchissement du parquet, accentuer les bruits de pas et accélérer l’usure des systèmes de clipsage.

N’oubliez pas que les plaques de XPS, même si elles présentent une certaine capacité de correction des petites irrégularités, doivent reposer sur un support globalement plan et dur. Un support trop irrégulier se traduira par des contraintes ponctuelles, avec risque de poinçonnement localisé de la sous-couche et, à terme, de déformation des lames de parquet.

Traitement de l’humidité résiduelle avec pare-vapeur polyane 200 microns

Le polystyrène extrudé est un matériau très peu perméable à la vapeur d’eau. C’est un avantage pour bloquer les remontées d’humidité, mais cela peut devenir un inconvénient si l’eau se retrouve piégée dans la chape sans possibilité de s’évacuer. D’où l’importance de contrôler l’humidité résiduelle de votre support avant toute pose de sous-couche et de parquet flottant. Pour une chape ciment, on vise généralement une humidité inférieure à 2 % CM, et pour une chape anhydrite, souvent 0,5 % CM.

Lorsque la dalle repose directement sur terre-plein ou au-dessus d’un local humide (garage, cave), la mise en place d’un film polyéthylène (polyane) de 200 microns minimum est fortement recommandée, voire indispensable. Ce pare-vapeur se pose en continu sur toute la surface, avec des recouvrements d’au moins 20 cm entre lés et un relevé en plinthe de quelques centimètres. Les jonctions sont soigneusement scotchées avec un adhésif adapté pour assurer la continuité de la barrière à la vapeur.

Le film polyane doit être posé avant la sous-couche en XPS lorsqu’il n’est pas déjà intégré au produit. Cette disposition évite les remontées d’humidité capillaire vers la sous-couche et le parquet, prévient la condensation interstitielle et réduit les risques de moisissures ou de mauvaises odeurs. Dans les logements récents, ce pare-vapeur est souvent déjà présent sous la chape : vérifiez alors les plans de l’ouvrage ou consultez le constructeur avant de décider de rajouter une barrière supplémentaire.

Ragréage autolissant planitop ou weber.floor pour correction des défauts

Lorsque les défauts de planéité dépassent les tolérances admises par le DTU, la solution la plus fiable consiste à réaliser un ragréage autolissant. Des gammes comme Planitop, Weber.floor ou équivalentes proposent des produits adaptés à la remise à niveau de chapes avant pose de revêtement de sol. Ces mortiers fluides se coulent sur le support après application d’un primaire d’adhérence et se nivellent d’eux-mêmes pour former une surface quasi parfaite.

Le choix du produit dépend de l’épaisseur à corriger, de la nature de la chape existante (ciment, anhydrite, dalle ancienne) et de l’usage de la pièce. Certains ragréages sont spécifiquement formulés pour des épaisseurs fines (3 à 10 mm), d’autres acceptent des rattrapages plus importants en une ou plusieurs passes. Suivez scrupuleusement les indications du fabricant en termes d’eau de gâchage, de temps de séchage et de conditions de mise en œuvre.

Une fois le ragréage sec et poncé si nécessaire, vous obtenez un support parfaitement plan, propre et homogène, idéal pour la pose du film polyane, du polystyrène extrudé et du parquet flottant. Cette étape supplémentaire représente un coût et un délai, mais elle évite bien des désordres futurs : lames qui se décrochent, joints qui s’ouvrent, grincements persistants. C’est un investissement que l’on ne regrette jamais à long terme.

Technique de pose du XPS sous parquet flottant stratifié ou contrecollé

La pose du polystyrène extrudé sous parquet flottant reste à la portée d’un bon bricoleur, à condition de respecter quelques règles simples. L’objectif est de créer un « matelas » continu, stable et parfaitement jointif sous l’ensemble de la surface à parqueter. Un peu comme lorsque l’on tend une toile avant de peindre : si la base est bien préparée et bien tendue, le résultat final sera à la fois esthétique et durable.

Au programme : disposition des plaques en quinconce, respect du sens de pose, découpes soignées au niveau des murs et des seuils, et surtout mise en place d’un joint périphérique de dilatation. Ces étapes garantissent à votre parquet la liberté de mouvement nécessaire pour absorber les variations dimensionnelles liées aux changements de température et d’hygrométrie.

Disposition des plaques en quinconce et jointoiement adhésif

Les plaques de polystyrène extrudé se posent généralement à plat, bord à bord, sur le film pare-vapeur le cas échéant. Il est conseillé de les disposer en quinconce, c’est-à-dire en décalant chaque rang par rapport au précédent, comme pour la pose de briques. Cette disposition limite les alignements de joints, réduit les risques de ponts thermiques et assure une meilleure répartition des charges sur l’ensemble de la sous-couche.

Les jonctions entre plaques doivent être soignées. Selon le produit choisi, elles peuvent être munies de rainures-languettes ou de bords droits. Dans tous les cas, il est recommandé de solidariser les plaques entre elles à l’aide d’un ruban adhésif adapté (généralement un adhésif aluminium ou PVC), afin d’éviter qu’elles ne se déplacent lors de la pose du parquet. Cette opération contribue également à améliorer légèrement l’étanchéité à l’air et à la poussière du système.

Veillez à ne laisser aucun jour entre les panneaux de XPS : même un interstice de quelques millimètres peut devenir un point de faiblesse acoustique et thermique, voire un lieu de passage pour la poussière et les insectes. En cas de découpe approximative, il est préférable de recouper proprement une pièce pour l’ajuster, plutôt que de chercher à combler le trou avec des chutes mal ajustées.

Sens de pose perpendiculaire aux lames de parquet

On recommande généralement de poser les plaques de polystyrène extrudé dans un sens perpendiculaire à celui des lames de parquet. Cette configuration croisée améliore la répartition des charges, limite les risques de marquage dans le sens des joints du parquet et réduit les transmissions sonores directes. Elle facilite aussi la mise en œuvre : les coupes de XPS et de lames ne se superposent pas exactement, ce qui évite certaines coïncidences gênantes.

Pour choisir le sens des lames de parquet, on se base souvent sur la longueur de la pièce et sur la source principale de lumière naturelle : l’idéal est de les orienter dans le sens de la lumière ou de la longueur pour agrandir visuellement l’espace. Une fois ce choix arrêté, il devient simple de décider du sens de pose des plaques XPS. Gardez toujours à l’esprit que l’ensemble doit fonctionner comme un « sandwich » cohérent : support / pare-vapeur / XPS / parquet.

Si la pièce présente une forme complexe (L, T, présence de renfoncements), il peut être judicieux de réaliser un plan de calepinage simple sur papier ou de commencer la pose du XPS dans la zone la plus régulière, puis de progresser vers les parties plus découpées. Ainsi, vous limitez les chutes et optimisez l’utilisation des plaques.

Découpe aux murs et seuils de porte avec cutter professionnel

Le polystyrène extrudé se découpe très facilement, ce qui en fait un allié précieux pour les travaux de rénovation. Munissez-vous d’un cutter professionnel à lame neuve et d’une grande règle métallique ou d’un guide droit. Tracez vos repères au crayon puis incisez fermement le XPS sur toute la longueur, avant de le plier pour achever la coupe. Cette méthode garantit des chants nets, plus faciles à ajuster contre les murs ou les obstacles.

Au niveau des seuils de porte, des colonnes ou des gaines techniques, prenez le temps de mesurer avec précision et de reporter les cotes sur la plaque. N’hésitez pas à réaliser un gabarit en carton pour les découpes complexes, puis à le reproduire sur le XPS. Une découpe propre limite les pertes de performance et évite les zones où le parquet « sonne creux ».

Pensez également à anticiper le passage des canalisations ou des gaines électriques encastrées dans le sol. Dans ce cas, il est parfois nécessaire de pratiquer des découpes partielles dans le XPS, voire de fractionner une plaque en plusieurs morceaux pour contourner un obstacle. L’essentiel est de conserver une continuité globale de la sous-couche, sans laisser de zones non couvertes.

Joint de dilatation périphérique de 8 à 10mm obligatoire

Dernier point, mais non des moindres : la mise en place d’un joint de dilatation périphérique tout autour de la pièce. Le parquet flottant, par nature, n’est pas fixé au support et doit pouvoir se dilater librement sous l’effet des variations hygrométriques et thermiques. On laisse donc un espace de 8 à 10 mm entre les lames et les parois verticales (murs, huisseries, poteaux), qui sera ensuite masqué par les plinthes.

Ce jeu doit également être respecté entre le polystyrène extrudé et les murs. Ne plaquez pas les panneaux de XPS en butée contre la maçonnerie : laissez quelques millimètres de retrait pour permettre un léger mouvement et éviter toute transmission rigide entre le sol et les parois. Dans certains cas, on peut même poser une bande résiliente périphérique (mousse ou liège) pour renforcer l’isolation acoustique et découpler le plancher des murs.

Attention aussi aux grandes surfaces (séjour ouvert, long couloir) : au-delà d’une certaine longueur ou d’une grande surface continue, des joints de fractionnement peuvent être nécessaires au sein même du parquet, conformément aux recommandations du fabricant. Ces joints devront bien sûr traverser aussi la sous-couche, avec une continuité du film pare-vapeur traitée au cas par cas.

Isolation acoustique aux bruits d’impact selon la norme NF EN ISO 717-2

Outre le confort thermique, l’un des principaux intérêts du polystyrène extrudé sous parquet flottant réside dans la réduction des bruits de choc. Les bruits d’impact – pas, chutes d’objets, déplacement de chaises – se propagent facilement à travers les dalles et se font entendre dans les pièces situées en dessous. La norme NF EN ISO 717-2 définit précisément la manière de mesurer et de qualifier cette performance acoustique.

Pour un appartement en copropriété, l’amélioration de l’isolation aux bruits d’impact n’est pas seulement une question de confort, c’est aussi un enjeu réglementaire et de bon voisinage. Une sous-couche bien choisie peut faire la différence entre un logement jugé « bruyant » et un habitat agréable, où l’on peut marcher sans gêner les voisins du dessous.

Réduction du bruit de choc ΔLw exprimée en décibels

La performance acoustique d’une sous-couche sous parquet flottant se mesure principalement par le paramètre ΔLw (delta Lw), exprimé en décibels (dB). Il correspond au gain obtenu sur l’indice de niveau de bruit de choc pondéré lorsque l’on ajoute la sous-couche et le revêtement sur une dalle de référence. Plus la valeur ΔLw est élevée, meilleure est la réduction des bruits d’impact.

Les sous-couches en polystyrène extrudé offrent généralement des ΔLw de l’ordre de 15 à 20 dB, selon l’épaisseur et la densité du produit. Ce résultat est déjà significatif et suffit, dans de nombreux cas, à améliorer sensiblement le confort acoustique. Certaines solutions spécifiques, combinant XPS et feutre acoustique, peuvent même atteindre ou dépasser 20 dB.

Il est important de ne pas confondre isolation aux bruits d’impact et isolation aux bruits aériens (voix, télévision). Le XPS agit surtout sur les bruits de choc transmis par la structure, mais il n’a qu’un effet limité sur les bruits aériens. Pour traiter ces derniers, d’autres solutions complémentaires (doublage de plafonds, cloisons acoustiques) doivent être envisagées.

Performance phonique en rénovation d’appartement ancien

Dans un appartement ancien, les planchers intermédiaires sont souvent constitués de solives bois, de remplissages légers et de plafonds plâtre, avec une isolation acoustique très perfectible. L’ajout d’un parquet flottant sur sous-couche XPS peut alors représenter une amélioration notable, surtout si le plancher existant est mis à nu et correctement remis à niveau avant la pose.

En pratique, les retours d’expérience montrent qu’un système « XPS + parquet flottant » permet de réduire la perception des bruits de pas de plusieurs niveaux. Cela se traduit par une sensation plus feutrée dans le logement du dessous et une diminution des nuisances sonores lors des déplacements quotidiens. Bien sûr, cela ne rendra pas un plancher ancien aussi performant qu’une dalle béton + chape flottante moderne, mais le gain reste souvent très apprécié.

Pour optimiser le résultat, il est recommandé de cumuler plusieurs bonnes pratiques : respecter scrupuleusement le joint périphérique, éviter les points de fixation rigides entre sol et cloisons, limiter le poids des meubles directement posés sur le parquet et, si possible, compléter par des tapis ou descentes de lit dans les zones les plus sensibles.

Combinaison XPS et feutre acoustique haute densité pour optimisation

Si votre priorité absolue est l’isolation aux bruits d’impact, notamment en copropriété, une solution intéressante consiste à combiner le polystyrène extrudé avec un feutre acoustique haute densité. Certains fabricants proposent des sous-couches hybrides où une fine couche de XPS est associée à un feutre en fibre recyclée ou en laine minérale, optimisant ainsi à la fois l’isolation thermique et la performance phonique.

Cette combinaison permet d’augmenter le ΔLw tout en conservant une bonne stabilité mécanique et une résistance à l’humidité satisfaisante. On peut également, dans certains cas, superposer une sous-couche phonique spécifique (type feutre 2 à 3 mm) au-dessus d’un XPS plus mince, en veillant toutefois à ne pas dépasser l’épaisseur totale recommandée par le fabricant du parquet. Un avis professionnel (acousticien ou bureau d’études) peut alors s’avérer utile.

Gardez néanmoins à l’esprit que chaque couche ajoutée entre la dalle et le parquet modifie la hauteur finie du sol et la transmission de la chaleur en cas de plancher chauffant. Il s’agit donc de trouver un équilibre entre performances acoustiques, contraintes techniques et budget global du projet.

Précautions et erreurs à éviter lors de l’installation du polystyrène extrudé

Comme tout matériau performant, le polystyrène extrudé exige quelques précautions de mise en œuvre. Certaines erreurs courantes peuvent annuler une partie de ses bénéfices, voire créer des désordres dans le temps : condensation, déformation du parquet, bruit accru au lieu d’être réduit. Pour les éviter, mieux vaut les connaître dès le départ.

Nous allons passer en revue trois points de vigilance essentiels : la compatibilité avec le type de parquet choisi, la gestion de l’humidité par le film polyéthylène et l’interdiction de superposer des sous-couches hétérogènes. En respectant ces règles, vous mettez toutes les chances de votre côté pour profiter pleinement des avantages du XPS sous parquet flottant.

Incompatibilité avec parquet massif cloué sur lambourdes

Le polystyrène extrudé n’est pas conçu pour être utilisé sous un parquet massif cloué sur lambourdes. Dans cette configuration traditionnelle, le parquet doit être solidement fixé à une structure porteuse rigide, sans élément compressible intermédiaire. Introduire une sous-couche XPS entre les lambourdes et le support (ou sous les lambourdes) risque de créer un système instable, avec des mouvements verticaux, des grincements et des désordres structurels.

Pour un parquet massif cloué, on privilégie des solutions classiques : lambourdes directement fixées au support, éventuellement sur bandes résilientes adaptées, et isolation phonique/thermique gérée par remplissage entre lambourdes ou par un autre système indépendant. Le XPS retrouve en revanche tout son intérêt sous un parquet flottant (stratifié ou contrecollé), posé en libre sur la sous-couche sans fixation mécanique au support.

Si vous envisagez de remplacer un ancien parquet massif cloué par un parquet flottant, la bonne pratique consiste à déposer l’ancien revêtement, à remettre le support à nu, puis à reconstruire une « stratigraphie » conforme : dalle ou plancher / pare-vapeur / XPS / parquet flottant. Superposer un nouveau système flottant sur un ancien parquet cloué n’est généralement pas recommandé, sauf étude spécifique.

Risque de condensation sans film polyéthylène sur dalle béton

Nous l’avons évoqué plus haut, mais ce point mérite d’être répété : utiliser le polystyrène extrudé directement sur une dalle béton brute, sans film polyéthylène, expose à un risque de condensation piégée entre le support et la sous-couche. Ce phénomène est particulièrement marqué dans les pièces en rez-de-chaussée, en contact avec le sol naturel, ou au-dessus de locaux non chauffés et humides.

La condensation peut, à terme, dégrader la chape, favoriser l’apparition de moisissures, générer des odeurs désagréables et même altérer la stabilité du revêtement de sol. Le XPS lui-même n’absorbe pas l’eau, mais l’humidité peut s’accumuler aux interfaces, dans les interstices, voire remonter par les murs si la gestion hygrothermique de l’ouvrage est défaillante. C’est pourquoi le film polyane 200 microns reste une sécurité simple et peu coûteuse à mettre en place.

Avant d’installer votre sous-couche, prenez le temps de vérifier la présence ou non d’un pare-vapeur existant dans la structure et de mesurer l’humidité résiduelle de la dalle. En cas de doute, mieux vaut ajouter un film polyéthylène correctement posé, plutôt que de découvrir quelques années plus tard des désordres difficiles à corriger.

Superposition interdite avec anciennes sous-couches existantes

Dernière erreur fréquente : conserver une ancienne sous-couche en place et poser par-dessus une nouvelle couche de XPS, en pensant « renforcer » l’isolation. Ce cumul de couches souples ou semi-rigides crée souvent un support trop compressible, peu stable, qui ne respecte plus les prescriptions des fabricants de parquet. Résultat : lames qui se déforment, assemblages qui lâchent, bruits de pas plus marqués et sensation de sol spongieux.

Avant toute rénovation, il est donc recommandé de déposer l’ancien revêtement de sol et sa sous-couche associée pour repartir sur une base saine. Cela vous permet aussi de contrôler l’état de la dalle, de corriger les défauts de planéité et d’installer un pare-vapeur si nécessaire. La superposition de plusieurs sous-couches différentes complique également le diagnostic en cas de problème ultérieur.

En résumé, le polystyrène extrudé donne le meilleur de lui-même lorsqu’il est intégré dans un système simple, clair et maîtrisé : support préparé et sec, film pare-vapeur, sous-couche XPS d’épaisseur adaptée, puis parquet flottant posé dans les règles de l’art. C’est cette cohérence d’ensemble qui garantit une isolation performante, un confort durable et une vraie valorisation de votre investissement parquet.